En France, l'aviation légère de l'armée de terre (ALAT) est historiquement issue de l'artillerie dont elle était à l'origine L'ALOA (Aviation Légère d'Observation d'Artillerie). L'ALAT n'est devenue une arme à part entière (et donc distincte de l'artillerie) de l'armée de terre que très récemment. Sa principale composante est à base d'hélicoptères, dont les différents rôles sont l'éclairage des forces au sol (chars et infanterie), le repérage de cibles pour l'artillerie, l'engagement des forces d'éclairage adverses, ainsi que la dépose et la récupération de soldats en zone ennemie.
insigne de béretElle regroupe environ 70 % des hélicoptères de l'armée française et fait partie intégrante de l'armée de terre de ce pays, et sert principalement à l'appui des troupes au sol, que ce soit au combat (par exemple antichar), ou en ravitaillement.
Son équivalent dans l'US Army est l'United States Army Aviation Branch (qui elle est issue historiquement de la cavalerie américaine).
Historique
Depuis sa création en tant que telle le 22 novembre 1954, elle a participé à quasiment tous les engagements militaires français dans le monde : guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, guerre d'Irak, guerre du Golfe, conflit Libo-tchadien, indépendance du Territoire français des Afars et des Issas, guerre en Somalie, guerre de Bosnie-Herzégovine, guerre du Kosovo, occupation indonésienne du Timor oriental, maintien de la paix en République de Côte d'Ivoire, Indonésie, guerre d'Afghanistan.
Cependant, la notion de groupe aérien de soutien d'artillerie est beaucoup plus ancienne : l'aviation militaire, qui est apparue au tout début de la Première Guerre mondiale, dépendait alors entièrement de l'armée de terre, et son rôle était uniquement l'observation, et ultérieurement le guidage d'artillerie. Le premier haut fait de cette arme nouvelle, dont l'apport a peut-être été décisif, a eu lieu le 3 septembre 1914 : des avions d'observation de l'escadrille REP 15, rattachés à le 6e armée (Maunoury), rendent compte que « les colonnes de von Kluck filent vers le sud-est [...]. Il ne peut plus être question d'une attaque sérieuse vers Paris. » L'espoir venait de renaître dans le camp français, renforcé par les rapports concordant des avions du corps expéditionnaire britannique. Dans les heures qui suivent, les aviateurs repèrent minutieusement les différents corps d'armée allemands. Un trou s'est formé entre la Ire armée (von Kluck) et la IIe armée (von Bülow). Les rapports parviennent à Joffre, qui décide de profiter sans plus attendre de cette possibilité. Le 6 septembre 1914, la bataille de la Marne est lancée, et interrompt définitivement l'avancée allemande.
Effectifs et matériels en 2007
L'aviation légère de l'armée de terre compte, en 2007, environ 4 500 personnels, dont 3 844 répartis dans les forces proprement dites et 424 aéronefs, soit 414 hélicoptères et 10 avions. La particularité de L'ALAT (et de la gendarmerie) par rapport à l'Armée de l'air et de la Marine est d'avoir conservé des sous-officiers pilotes et chefs de bord.Mais cela va changer a partir de 2009 il n'y aura alors que des pilotes officiers même dans les sélections et le recrutement.
L'armée de terre française disposait en 2007 de :
278 Gazelle toutes catégories
107 hélicoptères de transport Puma
28 hélicoptères de transport Cougar
18 hélicoptères léger AS 555 Fennec, dérivés du modèle civil Écureuil -> qui depuis 2003 ne servent plus qu'à la qualification des pilotes à l'IFR à L'EA.ALAT du Cannet-des-Maures
8 hélicoptères EC-725 pour opérations spéciales
7 hélicoptères Tigre
12 avions légers Socata TBM-700 pour la liaison "VIP", 5 Pilatus pour la logistique.
Programmes actuels
L'ALAT souffre actuellement du vieillissement de son matériel et du manque d'entraînement de ses équipages, sources d'incidents divers. Selon un rapport de l'Assemblée nationale de 2007, « le potentiel des principaux aéronefs apparaît en effet en nette diminution depuis 2004, la baisse s'accélérant en 2008 ». En 2005, cependant, l'ALAT a reçu après une longue attente ses premiers Tigre, qui sont les premiers hélicoptères spécifiquement conçus pour le combat développés en France, et dont la totalité des 80 exemplaires ont été commandés à ce jour pour remplacer les Gazelle SA341 canons et les Gazelle SA342 Mistral; la livraison de ces 80 engins devrait être terminée en 2020. Les inquiétudes de l'Assemblée nationale concernent surtout le remplacement des hélicoptères de man½uvre : « Ceux aujourd'hui en service ne répondront plus aux normes européennes de circulation d'ici 2010. Dans la mesure où les premiers NH90 destinés à remplacer les Puma ne pourront pas être livrés avant 2011, il est indispensable de prolonger la durée de vie de certains appareils » (les Puma et Cougar ont 30 ans d'age moyen). Plus grave, leur remplaçant le NH90 se fait lui-même attendre[3]:
« Seulement 12 ont été déjà officiellement commandés. C'est à dire plus d'un an après la livraison à l'armée allemande de ses trois premiers TTH-90 de série! Et alors même que l'Italie, la Grèce, l'Australie, la Suède, la Finlande et Oman ont déjà pris livraison de leur premier exemplaire de série. Une nouvelle commande, portant sur 22 supplémentaires, devrait être notifiée par Paris à l'industrie cette année. Et encore 34 de plus en 2010 ou 2011. Le tout permettant de livrer un tout premier TTH-90 fin 2011, puis 6 ou 7 en 2012. La cadence se stabilisant ensuite à une dizaine par an. D'ores et déjà s'instille le doute quant à la concrétisation du second lot de 35 machines à commander par tranches à partir de 2016 ou 2017. La cible de 133 TTH-90 étant tout sauf assurée. »
Néanmoins, si « les forces armées françaises souffrent, dans ces domaines, d'une faiblesse structurelle : l'aéromobilité tactique, à base d'hélicoptères et d'avions de transport tactique », selon le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale, publié le 17 juin 2008, « l'effort en équipement doit viser à combler cette lacune, qui obère aujourd'hui l'efficacité et l'autonomie des forces françaises ». Le document recommande donc « la résorption du déficit capacitaire en aéromobilité (hélicoptères de man½uvre) » avec une flotte de 130 hélicoptères de man½uvre
L'ALAT comprend, en janvier 2007 :
Le commandement de l'aviation de l'armée de terre (COMALAT) à Villacoublay
La 4e Brigade AéroMobile (4e BAM), dont le PC est situé à Essey-lès-Nancy, regroupe l'essentiel des formations de l'ALAT :
Le 1er Régiment d'Hélicoptères de Combat (1er RHC) de Phalsbourg doté de 19 Gazelle, 16 Puma, 16 Cougar et 4 Cougar équipés du système Horizon, ces derniers spécialisés dans le renseignement aéromobile et l'éclairage du champ de bataille (ce détachement HORIZON est pour emploi à la Brigade de renseignement et de guerre électronique)
Le 3e Régiment d'Hélicoptères de Combat (3e RHC) d'Étain doté de 43 Gazelle et 16 Puma
Le 5e Régiment d'Hélicoptères de Combat (5e RHC) de Pau doté de 29 Gazelle et 24 Puma,
Le 6e Régiment d'Hélicoptères de Combat (6e RHC) de Compiègne doté de 38 Gazelle et 8 Puma qui est dissout depuis le 1er juillet 2007
L'ALAT « spécialisée ». Cette entité regroupe des unités ne relevant pas de la 4e brigade aéromobile et devant remplir des missions particulières. À l'exception du détachement des opérations spéciales, ces unités ne sont pas projetables.
Le détachement ALAT des opérations spéciales (DAOS) de Pau doté de 10 Gazelle, 4 Puma, 8 Cougar HUS
L'escadrille de haute montagne (EHM) de Gap-Tallard dotée de 6 Gazelle
L'escadrille de transport et de convoyage de matériel (ETCM) de Montauban
Le détachement ALAT de Djibouti doté de 5 Puma et 3 Gazelle d'appui-feu
Les autres unités spécialisées
l'École franco-allemande de formation des équipages Tigre (EFA Tigre) de Le Cannet-des-Maures
Les Écoles d'Application de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (EA ALAT) de Le Cannet-des-Maures et de Dax
Le Centre de Vol en Montagne (CVM) de Sainte-Léocadie
L'escadrille d'avions de l'armée de terre (EAAT) basée sur l'aérodrome de Rennes Saint-Jacques avec une douzaine d'avions légers et l'escadrille d'hélicoptères de l'armée de terre (EHADT) basée sur celui de Etain avec 6 Gazelle.
Le Groupement AéroMobilité de la Section Technique de l'Armée de Terre (GAMSTAT) basée à Valence
Histoire
Arme très jeune puisque créée en 1954, ayant longtemps puisé ses références dans l'ensemble des armes dont étaient issus ses officiers, l'ALAT constitue aujourd'hui une fonction opérationnelle à part entière: l'aéromobilité de l'armée de Terre.
Totalement intégrée au combat des forces terrestres, tout en possédant particularité de pouvoir s'affranchir des contraintes du terrain, elle a pour vocation d'être l'arme de l'initiative et de l'urgence dont l'engagement permet d'emporter la décision.
C'est pourquoi elle a choisi pour patronne Sainte Clotilde qui, selon la légende, permit à Clovis d'être victorieux à Tolbiac en submergeant l'ennemi sous le feu du ciel.
Le béret bleu symbolise la troisième dimension et constitue le principal symbole fédérateur de l'ALAT.
Régiments dissous
2e régiment d'hélicoptères de combat
6e régiment d'hélicoptères de combat
7e régiment d'hélicoptères de combat
Etendard de l'armee
AFN 1952-1962
Chant de l'ALAT
[1]'Chant de l'ALAT
Liens externes
(fr) ALAT sur defense.gouv.fr
(fr) Description de l'ALAT et de ses composantes
(fr) Rapport du Sénat français DE 2002; Les hélicoptères de l'armée de Terre : situation et perspectives
(fr) La plus grande base de données sur l'ALAT (historiques, tableaux des unités, liste des commandants, etc)
(fr) Tout sur les aéronefs de l'ALAT (avions, hélicoptères, codes)
Bibliographie
Les insignes de l'ALAT, insignes et historiques d'unités, par Christian Malcros, SHAT 1991, {ISBN 2-86323-068-9}
L'histoire de l'aviation légère de l'armée de terre 1794-2004, général André Martini, Editions Lavauzelle, 2005, (ISBN 2702512771)